« Les miettes ont bon goût » (J. F. Hamel)
Un jour, Jésus a dit : « De la foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez à cette montagne :”Ôte-toi de là et va te planter là-bas”, elle vous obéirait. » A ma connaissance, jamais personne n’a déplacé des montagnes ainsi, en claquant des doigts. Cela me rappelle encore l’évangile de dimanche dernier où Pierre, se fait attraper par Jésus : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? »
Il y en a une qui n’a pas douté. De la foi, elle en avait, elle savait très bien que Jésus pouvait faire quelque chose pour sa fille et elle n’a pas laissé passer l’occasion : « Seigneur, viens à mon secours! »
Il est étonnant de voir un Jésus un peu dur envers cette femme. Il faut comprendre que Jésus est envoyé d’abord pour le peuple juif et qu’Il est fidèle à sa mission. Mais devant la foi de la Cananéenne, il est obligé d’ouvrir sa mission à cette étrangère, à cette païenne qui a une si grande foi.
Le salut est offert à tous sans exception. La miséricorde du Père est désormais ouverte à tous parce que sur la Croix Jésus a accueilli le péché du monde entier.
Mystère d’amour, mystère de miséricorde, mystère d’un Dieu Amour qui n’a qu’un désir, celui de donner le bonheur à tous ses enfants sans exception. La Cananéenne devient notre modèle, elle a tenu bon, elle nous montre qu’avec un peu de foi on arrive à combler de profonds abîmes et à déplacer des montagnes.
Dimanche dernier Pierre criait : « Seigneur sauve-moi. » Aujourd’hui, cette femme crie : « Seigneur, viens à mon secours. » Et nous, quel est notre cri aujourd’hui, en août 2020? Dans la foi en l’amour et la miséricorde d’un Père plein de tendresse, dans ce temps où la souffrance est partout dans le monde, j’entends dans mon cœur bien des cris. Dans le silence, dans la brise légère où est Dieu, écoutons en nous quel est notre cri, quels sont nos cris peut-être, car ils peuvent être nombreux.
Au lendemain de la fête de l’Assomption, je ne peux faire abstraction de Marie qui se mit en route et se rendit avec empressement chez sa cousine Élisabeth. Celle-ci cria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes ». Deux femmes de foi intense, deux femmes d’action de grâce qui ont su reconnaître l’action de Dieu.
Demandons au Seigneur de nous garder la foi de Pierre, la foi de la Cananéenne, la foi de Marie, la foi d’Élisabeth afin de pouvoir dire nous aussi et même de pouvoir crier : « Mon âme exalte le Seigneur, le Puissant fit pour moi des merveilles », et toujours nous trouverons que « les miettes ont bon goût. »
S.Isabelle Paquet, cnd


