Homélie du dimanche 28 juin 2020

Sanctuaire de la Miséricorde

Homélie du dimanche 28 juin 2020

Saint Matthieu 10,37-42

Être « tout attaché » à Jésus !

J’avais 19 ans, j’étais avec une fille que j’aimais beaucoup. Je pensais au mariage, à avoir des enfants, à travailler comme massothérapeute. Mais en moi un appel était plus fort. Suivre Jésus, devenir prêtre. Mon cœur était attaché à Jésus plus que tout autre projet. Je voulais Lui donner la première place. J’ai choisi de tout quitter pour entrer au Grand Séminaire. Pour suivre Jésus.

Je suis à peu près certain qu’un jour dans votre vie, vous avez eu à prendre une grande décision qui a bouleversé votre cœur complètement. Vous avez pris la décision de votre vie. Vous avez fait un choix nécessaire pour construire un projet de vie.

Jésus nous invite à faire des choix nécessaires pour vivre l’Évangile

Contexte de persécution: c’est avec les plus proches parfois que ce n’est pas facile.

Depuis deux semaines on voit Jésus qui envoie ses disciples en mission « je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ». Aujourd’hui Jésus donne à ses disciples quelques instructions afin d’être pleinement libre pour être des disciples amoureux missionnaires.

Belle mission mais aussi exigeante, nous n’aurons pas que des amis mais aussi des persécuteurs. Il nous invite à ne pas avoir peur, nous ne serons pas seuls. Il marche avec nous. L’important c’est d’être saisi par le Christ et suivre Jésus librement.

Voici trois choix que Jésus nous propose : des choix qui nous rendent libres et heureux.

1- Le détachement

Celui qui aime son père ou sa mère, ses enfants plus que moi, dit Jésus, n’est pas digne de moi.

Oh, une parole forte de la part de Jésus et qui vient nous bousculer. Jésus ne nous demande pas de ne pas aimer nos parents ou nos enfants. Mais bien au contraire de ne pas en faire des dieux. Nous devons les laisser libres de leurs choix de vies. Pour être libres, il nous faut nous détacher sainement de nos parents. L’homme quittera son père et sa mère, prendra une femme et ne fera plus qu’un, nous dit la Bible. Dans le fond ce que Jésus nous propose c’est de « couper le cordon ». C’est de préférer Dieu à nos attachements les plus légitimes. C’est de ne pas être envahissant avec nos parents et nos enfants. Il faut faire attention ; ne pas étouffer l’autre, mais laisser l’autre prendre son envol.

Est-ce que mon cœur est encombré par des gens ou des choses qui retiennent mon attention ailleurs? J’en parle avec Jésus.

C’est se quitter soi-même; je laisse mes attaches. Ce n’est pas du dolorisme mais une ouverture pour grandir.

2- Porter sa croix

Porter « sa croix » pas celle des autres. C’est entrer dans le mystère de la passion de Jésus, c’est avoir de la compassion pour les autres, c’est prendre soin de leurs blessures. Comme chrétiens nous ne sommes pas écrasés sous la Croix. Il sera avec nous : nous ne sommes pas seul lorsqu’on souffre. La Croix n’est pas tant une affaire de sacrifice ou de dolorisme, mais c’est trouver sa vraie liberté en Christ. C’est apprendre à aimer, à faire une croix sur nous-mêmes pour susciter le goût des autres; choisir l’autre en premier. Comme disait le petite Thérèse de l’Enfant Jésus : « s’oublier et faire plaisir aux autres » voilà le secret de l’Amour, de La Croix.

C’est aussi refuser toute lourdeur, en les donnant à Jésus. C’est s’accepter dans nos limites, dans nos blessures, accepter nos cicatrices, ce qui reste comme marques de blessures en nous.

Aussi être chrétien c’est s’attendre à la persécution lorsqu’on parle de Dieu, surtout lorsqu’on invite l’autre à entrer en contact, en cœur à cœur avec Dieu. La conversion dérange.

3- Donner un verre d’eau

C’est aussi cela mourir à soi-même; aimer et développer son cœur à aimer. Perdre certains aspects secondaires pour trouver sa vraie vie en Christ. Elle nous est donnée cette vie. Un certain renoncement. C’est cela donner à boire : c’est la simplicité de l’évangile. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi […] que vous l’avez fait » nous dit Jésus. C’est accueillir l’étranger par les moyens pauvres; apporter un verre d’eau (avec la samaritaine), vivre de l’évangile et vivre l’évangile.

Rien d’extraordinaire, un simple geste de bonté : je fais tout en union avec Jésus, je suis son disciple.

« Tenez bon, tous les petits gestes vous approchent de moi », dit Jésus !

Père Dominic Richer